L'automobile française en berne
Par etoile, vendredi 27 avril 2007 à 14:36 :: General :: #26 :: rss
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Deux stratégies, mais une réalité identique : le marché automobile mondial est en pleine mutation, avec d'anciens bastions assiégés par la concurrence, et un report de la dynamique de croissance vers les pays émergents. "L'évolution de la demande mondiale affiche une dichotomie évidente entre les PAI (pays anciennement industrialisés) saturés où la demande s'affiche en légère baisse et les NPI (nouveaux pays industrialisés) - nouvelles zones de consommation qui concentrent les deux principaux nouveaux marchés : la Chine et l'Inde", commentait en mars Yann Lacroix, responsable du département des études sectorielles de l'assureur-crédit Euler Hermes SFAC, dans un rapport sur le secteur. Peugeot coupe dans ses effectifs sans licenciement C'est dans le cadre de cette tendance de fond que PSA a annoncé hier la suppression de 4.800 postes en 2007, comme le laissaient craindre les dernières rumeurs. Le constructeur a tenu à préciser que cette restructuration se fera sur la base du départ volontaire et de non-renouvellements de départs en retraite. Le projet sera soumis au Comité Central d'Entreprise le 9 mai prochain. L'objectif est d'éviter le plan social. Pour PSA, il s'agit de retrouver croissance et rentabilité, après quatre années de disette. Chez Euler Hermes SFAC, on prévoit cette année en France une baisse du volume de production de 5%, après un recul de 20% sur les deux années précédentes. "A l'examen de l'évolution des volumes de production et de la perte de compétitivité de l'industrie automobile française, entre 20.000 et 30.000 emplois pourraient disparaître dans les trois ans", explique l'assureur crédit qui attend cependant un sursaut pour la production hexagonale, au dernier trimestre 2007. La restructuration réussie de VW Car malgré un contexte ardu pour les grands constructeurs européens et américains, ceux qui ont réagi rapidement commencent à tirer leur épingle du jeu. En Allemagne, le groupe Volkswagen a entamé une mue qui est en train de se transformer en succès. Et que dire de Fiat ? Le constructeur italien, au bord de l'asphyxie en 2002, est reparti de l'avant. Il a même vendu, au cours du 1er trimestre 2007, autant de véhicules particuliers que Renault en Europe. Il y a deux ans à la même période, la marque au losange vendait 40% de voitures particulières de plus que lui. Le contre-exemple est illustré aux Etats-Unis par Ford et General Motors, dont les salariés paient un très lourd tribut à la réaction extrêmement tardive de leurs dirigeants face à la montée en puissance des constructeurs japonais, qui profitent à plein de l'avantage d'un yen sous-évalué. Il faut donc agir pour éviter l'hémorragie dans l'hexagone, où la filière automobile concerne directement 1,2 million de salariés, selon un rapport du Conseil économique et social paru en 2006. Il en va également de la place des constructeurs hexagonaux sur l'échiquier mondial, eux qui représentent, hors alliance Nissan pour Renault, plus de 9% des ventes de la planète. |

Alors que la baisse des ventes de Renault se poursuit et que PSA a confirmé la suppression, sans plan social, de 4.800 postes en France cette année, la filière automobile s'interroge sur son avenir. Les deux constructeurs français espèrent retrouver cette année le chemin de la croissance, mais doivent s'adapter à une mutation profonde du marché.
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